49, rue de Tanger 75019 Paris
Anonyme
Ajouté : il y a 14 années Réponse à : sans agrement

Bonsoir,

je souhaiterais apporter quelques précisions concernant 1°) la kafala à Rabat 2°) l’importance de l’agrément.

1°) J’ai fait une kafala à Rabat en 2009 et l’agrément était demandé à tous les parents que j’ai rencontrés, français comme suisses ou espagnols. Selon le juge et la directrice de Lalla Meryem, il sert à s’assurer que les postulants répondent à toutes les garanties possibles en termes financiers mais également psychologique, d’autant qu’une fois à l’étranger, le pouvoir des autorités marocaines est limité pour veiller au bien-être de l’enfant. D’autre part, il n’y a nul bsoin d’un avocat pour entrer en contact avec l’orphelinat. En revanche, il faut avoir passé la 1ère audience devant le juge pour avoir l’autorisation qu’un enfant soit présenté par l’orphelinat.

2°) Je ne vais pas revenir sur le fait que la période de l’agrément permet de réfléchir sur ses choix, etc… Ce qui me semble important à préciser, c’est que nous sommes de nombreux parents à lutter auprès des autorités publiques pour que nos enfants en France bénéficie des mêmes droits que les enfants adoptés (nationalité, adoption, droits sociaux, congés adoption, etc…). Le fait d’accepter d’avoir un agrément montre la maturité et le sérieux d’une démarche de parents qui souhaitent s’engager à vie et officialiser le lien qui les lient à leurs enfants. La multiplication de kafala sans agrément, de kafala adoulaire et de petits arrangements à la limite de la légalité ne peut que nuire à notre combat et à notre crédibilité. La kafala est déjà victime de nombreux a priori, en partie dûs à des abus et à des maltraitances d’enfants arrivés en France sous kafala. Nous tentons de sensibiliser les parlementaires aux droits de nos enfants et les détournements de procédures ne peuvent qu’être contre-productifs. On ne va pas chercher un enfant au Maroc, comme on irait acheter des DVD à Derb Ghallef.
Je suis désolée si je suis un peu “dure” mais j’ai suffisamment vécue au Maroc pour ne plus supporter les passe-droits, la corruption et le contournement de la loi. Au Maroc même, de nombreux kafils se battent pour faire avancer également les droits de leurs enfants, nous nous devons de suivre leur exemple. Et puis que dirons nous à nos enfants ? Les questions arrivent vite, et il faut être droit dans ses bottes pour leur répondre, pour que toute la vérité puisse être dite en toute transparence.

Bonne année à tous !